Voilà juste une décennie que les Autrichiens de L´Orchestre de légumes mitonnent "une musique électronique organique" avec des instruments exclusivement tirés du panier de la ménagère. Le concept peut prêter à sourire, mais c´est une formation unique au monde intégrée par 12 membres.
L'Orchestre, devenue hôte de choix des scènes pop, jazz ou classiques en Europe et en Asie, prépare une mini-tournée en France et en Allemagne.
Tout a débuté sur un mode loufoque, reconnaissent ses fondateurs, alors étudiants à Vienne. "On était parti sur l'idée d'un pied-de-nez, d'un défi. Mais très vite nous avons réalisé que quelque chose de plus ambitieux était possible", précise Jörg Piringer, l'une des figures historiques du groupe.
Issus du monde de la musique, mais aussi de l'architecture, du design, des arts plastiques et de la création vidéo, le groupe a vite développé un univers propre mariant avec raffinement le végétal et la technologie.
Le résultat est une musique littéralement inouïe, principalement percussive, où le crissement du chou, le sifflement de la carotte, le choc des aubergines, la caresse du poireau et le barrissement du concombre composent des mélopées hypnotiques entre musique techno et chant de baleines.
Jouer du légume n'est toutefois pas de tout repos: chaque performance du groupe est précédée par une visite au marché en raison de la nature périssable des instruments de ce "Krautrock" très particulier. "Il faut 70 kilos de légumes frais par concert et trois heures de travail pour façonner la quarantaine d'instruments employés", certains devant être remplacés plusieurs fois par concert, notamment par forte chaleur.
Parmi les créations les plus originales figure la "rubharpe", à base de fils de rhubarbe, et le "concombrophone", composé d'un embout de carotte, d'un corps de concombre et d'un pavillon de poivron.
Invité à se produire aussi bien à Singapour ou à Hong Kong qu'à Moscou, aux Transmusicales de Rennes (France) ou à Belfast, l'orchestre, qui a donné près de 200 concerts à ce jour, doit aussi subir les aléas des produits et climats locaux.
"Ce n'est pas facile mais c'est ce qui rend l'entreprise passionnante. Le fait de se limiter strictement aux légumes oblige à chercher toujours de nouvelles idées. Le sujet est inépuisable", assure Tamara Wilhelm.
Le groupe, dont la vidéo a été visionnée près de deux millions de fois sur le site de partage Youtube a en outre la particularité d'offrir au public une soupe - de légumes bien entendu - à la fin de la plupart de ses concerts.
Sonia Brea – lacedille.com.ar – lundi 22 septembre 2008
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